Valérie Patrimonio
L’arrière-pays
Épicerie café la Cale - 127 rue de Crimée - Paris, 19ème
Du 7 juillet au 7 septembre 2022
« L’arrière-pays »
Dans les ciels de Valérie Patrimonio, le lointain et le proche se confondent. Ses petites perspectives atmosphériques fendillent le mur vers un arrière-pays. Certains verront un fleuve sinueux, l’éclat du soleil au-dessus de petites collines ombrées, la ville idéale sous les ciels filandreux des tableaux toscans du quattrocento. On entre dans ces vues comme dans une eau douce, qui portent avec elles des chants sans parole.
Les horizons de Valérie Patrimonio sont comme l’arrière-plan d’un retable, d’une peinture religieuse libérée de ses figures et dont nous conservons seulement un détail, la pointe ou la partie inférieure, sur une fine tranche de bois. La tablette de Valérie Patrimonio se rapproche de la traditionnelle tavoletta siennoise de la Renaissance, couverture peinte sur bois de registres administratifs.
Valérie Patrimonio n’utilise pas de pigments mais intervient comme une enlumineuse qui prélève dans son atelier et son environnement tous les matériaux qui réhausseront la tablette. Elle travaille à la feuille, les lettres ont presque disparu, les bandeaux s’étendent et remplacent l’écriture, nous laissant la place de décrire notre paysage. Si vous apercevez de la dorure, du velours, un effet froissé, il s’agira des fruits de son glanage : un emballage de chocolat, du papier opaque enveloppant les endives, de papier mûrier…Sur ces paysages, la couleur est une étendue, une transparence ou une texture ; parme, zinzolin, figue de mer, bleu-ardoise, azurin, rosat, vert d’eau, brun, chataigne, auburn.
Comme il n’y a pas de centre dans les paysages de Valérie Patrimonio, le regard est forcé à l’errance et accentue une confusion entre l’ici et l’ailleurs. Ces ciels sont des paysages idéalisés, des silences inaugurant le rêve. Ce paysage existe-t-il au-delà du souvenir ? Comme si le regard l’avait fait naître et mourir, l’inconscient préserve ce paradis perdu. Ces horizons ouvrent une voie vers soi, on aperçoit notre paysage intérieur et notre identité en mouvement, qui ne sont enracinés nulle part.



« Parlons paysages »
SAMEDI 3 SEPTEMBRE
10:30 : Arrière-pays et révolte paysanne : les bonnets rouges
par Vianney Griffaton, agrégé et doctorant au Centre d'histoire de Sciences Po.
10:45 : Tiers-paysage et indisciplines végétales
par Bronwyn Louw, poète et doctorante au Centre de Recherche sur les arts et le langage (CNRS/EHESS)
11:00 : Le ré-emploi, une nouvelle voie créative
par Valérie Patrimonio
artiste et architecte paysagiste co-fondatrice du collectif Poétique
16:00 : Paris 19ème, entre buttes et canaux
Par Mathilde Galinou, médiatrice culturelle à la Briqueterie
Dans cet atelier, les enfants réalisent une carte personnelle du quartier. Les habitudes spatiales, les perceptions sensorielles et les émotions seront mobilisées pour sensibiliser les enfants à leur environnement proche ou lointain.